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Droits des femmes • Réduction de la pauvreté • Promotion de la santé

TRAVAILLER POUR UN MONDE MEILLEUR



Au cours des 50 dernières années, plus de 75 000 Canadiens et Canadiennes ont oeuvré dans des pays en voie de développement afin de contribuer personnellement à changer le monde. Ils en sont revenus transformés. Aujourd’hui, même si la nature du travail d’un coopérant volontaire a évolué, les occasions de contribuer sont plus nombreuses que jamais.

Les volontaires qui partent à l’étranger pour le compte de l’une ou l’autre des neuf agences de la coalition Citoyens du monde en action, orientent leur travail sur les priorités de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) : éducation, gouvernance, santé, environnement, développement de l’entreprenariat privé et égalité des sexes.

Selon Pierre Véronneau, directeur général d’Oxfam- Québec, l’une des agences de la coalition, les volontaires contribuent à des changements réels dans tous ces domaines.

Il donne comme exemple un projet de gestion de déchets à Cotonou, au Bénin. Les rebuts qui s’accumulaient nuisaient à la santé de la population.

Des volontaires canadiens ont élaboré, avec les habitants de Cotonou, un modèle de programme pour que les déchets soient cueillis, triés et si possible réutilisés. Ce modèle a créé de l’emploi, tout en assainissant l’environnement et en améliorant la santé des membres de la communauté.

Le rôle des volontaires a évolué. Autrefois, on envoyait des enseignants, des médecins et des intervenants de première ligne; aujourd’hui on privilégie plutôt un travail d’accompagnement.

« Moi-même, je suis parti en 1969 et j’ai enseigné le français et l’histoire en Afrique », rappelle M. Véronneau. « Aujourd’hui, on ne fait plus ça.

On envoie plutôt un volontaire travailler avec le ministère de l’éducation ou une organisation qui se penche sur les problèmes d’éducation, par exemple, et on va épauler les gens sur place afin d’établir des programmes.

Nous sommes passés d’une intervention directe auprès des populations à une intervention auprès des organismes de la société civile. » Les volontaires reconnaissent qu’ils vont appuyer des populations qui ont déjà réfléchi à leurs propres objectifs. « Ils ne s’en vont pas faire le travail à leur place. »

Un phénomène illustre cette tendance : depuis un quart de siècle, un nombre impressionnant d’organisations ont vu le jour en Afrique, en Asie et en Amérique latine, explique Betty Plewes, ancienne présidente-directrice générale du Conseil canadien pour la coopération internationale, et membre du conseil d’administration de Carrefour canadien international. « Ils répondent directement aux besoins des communautés, s’adressent aux défis présentés par le VIH et le sida, et s’occupent des questions relatives aux droits de femmes. »

Par le biais de la coopération internationale, les volontaires apportent un soutien technique aux organisations locales, soutiennent leurs projets de recherche et contribuent à leurs efforts de réseautage avec des organisations semblables à travers le monde.

« Il y a des gens qui croient qu’il n’est question que d’un transfert de ressources – nous avons le savoir-faire et l’argent, et l’important, c’est d’en faire le transfert vers ceux et celles qui n’en ont pas », déclare Mme Plewes. « Mais ce n’est pas du tout le cas. Nous entons de nous défaire de cette notion de communication à sens unique du Nord vers le Sud.
Nous sommes, autant qu’eux, confrontés à des problèmes d’envergure planétaire et nous devons tous travailler de concert pour y faire face. »

Il n’y a pas que les pays en voie de développement qui profitent de l’engagement des volontaires canadiens. Même s’il est parfois difficile de trouver des gens qui veulent partir vivre à l’étranger, ceux qui relèvent le défi en reviennent transformés.

La coopération volontaire permet à des citoyens canadiens de développer des liens avec des gens de partout à travers le monde, affirme Gerry Barr, président-directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale.

« Par exemple, des militants du mouvement coopératif au Canada tissent des liens avec des militants des mouvements coopératifs dans les pays en voie de développement, et partagent leurs connaissances. Chacun profite largement de l’échange. Un élan et une énergie en résultent, et en bout de ligne les échanges se font de la façon la plus naturelle possible – de citoyen à citoyen. »

« Inévitablement, les volontaires rentrent au pays encore plus engagés qu’avant, avec une meilleure appréciation de la complexité et de la gravité des défis auxquels font face leurs partenaires dans les pays en voie de développement, ajoute-t-il. Ils reviennent aussi plus préoccupés par ce qui se passe à l’échelle mondiale.

Ils deviennent donc des porte-parole, capables d’exprimer une vision plus nuancée, plus complexe et plus éloquente de la communauté planétaire. »

« Si nous voulons résoudre les problèmes de l’inégalité des chances, nous avons besoin d’un public bien renseigné. Quand les gens reviennent d’un mandat à l’étranger, ils portent le message qu’il est possible – et même raisonnable – d’en faire beaucoup plus. »

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